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7
fév 2011
Corpus : « Le XVIII° siècle en quête du bonheur »
Posté dans Corpus, Le siècle des Lumières par cotentinghislaine à 11:25 | Commentaires fermés

Introduction

CONTEXTUALISATION  

http://expositions.bnf.fr/lumieres/index.htm

Pour découvrir le siècle des Lumières, on se reportera à la remarquable exposition, « Les Lumières ! un héritage pour demain », présentée sur le site de la Bibliothèque nationale de France, et aux rubriques « Arrêt sur… » qui récapitulent les principaux objectifs des philosophes dans leurs luttes.

On y verra l’importance des lieux de rencontre, cafés et salons, où les idées nouvelles s’échangent et se diffusent, atteignant, par les correspondances des philosophes, l’ensemble des pays d’Europe. La presse, avec par exemple 90 nouveaux titres entre 1750 et 1759, contribue largement à cette diffusion, tandis que des lectures publiques sont organisées. Enfin, on n’oubliera pas le rôle essentiel de l’Encyclopédie, qui, comme le déclare Diderot, dans l’article qui la définit veut « changer la façon commune de penser le monde ».
Mais pourquoi tant de critiques, aussi bien dans le domaine politique qu’économique, religieux que social ? Parce que le XVIII° siècle ose, ouvertement, proclamer que les peuples ont droit au bonheur, qu’il en fait une finalité de toute réflexion, et tente d’en dessiner les contours.

L’IDEE DE BONHEUR

A la mort de Louis XIV, en 1715, un souffle nouveau apparaît avec la Régence, qui va se poursuivre dans les premières années du règne personnel de Louis XV, alors nommé « le bien -aimé ». Le pays est économiquement prospère, et cet essor économique rejaillit sur les modes de vie, qui se libèrent peu à peu du carcan de la religion et de sa morale, pour s’adonner aux joies du luxe.
Une des conséquences en est le rejet, de plus en plus affirmé, de l’idée chrétienne qui repousse le bonheur dans l’au-delà, dans le paradis promis au croyant, dont l’homme a été irrémédiablement exclu depuis le péché originel d’Adam et Eve. « Hic et nunc », ici et maintenant, « le paradis terrestre est où je suis », dira Voltaire en conclusion de son long poème, Le Mondain. Il appartient donc à présent à l’homme de construire son propre bonheur.

Deux courants vont alors s’opposer tout en se combinant. D’une part, il y a ceux qui posent le bonheur comme une finalité sociale : c’est à la politique de construire les conditions du bonheur, fondées sur un régime politique plus « éclairé », sur des lois et une économie plus juste. Bien sûr, selon les philosophes, les principes divergeront : pour les uns, s’impose une monarchie constitutionnelle, pour les autres, une démocratie, certains prônent une religion nouvelle, plus universelle, le déisme, d’autres vont jusqu’à l’athéisme, on discute des mérites du libéralisme, on récuse l’esclavage… Les principes s’affrontent, mais tous conviennent que seule la connaissance est un gage de progrès, qui rendra la société globalement plus heureuse.
D’autre part, naissent des conceptions plus intimistes du bonheur, telle celle que développe Mme. du Châtelet dans son Discours sur le bonheur, en 1747. Il ne suffit plus de fonder le bonheur sur la raison, qui entend lui donner une universalité, mais sur les sentiments, plus subjectifs. A chacun de trouver la route qui le conduira au bonheur. Dans la diversité des conceptions qui s’affirment, on reconnaît cependant deux tendances, celles qui l’associent à l’idée de « vertu », dont ils tentent de poser une définition, face à celles qui réclament le culte du plaisir, dans la lignée du libertinage.

 Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu, 1728 MONTESQUIEU, Lettres persanes, Lettre LXXXV, 1721 Les Lettres persanes de Montesquieu (1689-1755) sont un échange de lettres entre deux Persans, Rica et Usbek, venus en France en 1711 (encore sous le règne de Louis XIV), et leurs amis restés en Perse. Cette fiction allie le roman exotique, alors à la mode, et un tableau de la France, depuis les moeurs de ses habitants jusqu’à son organisation politique, économique, ou ses pratiques religieuses. Ainis, dans la lettre LXXXV Montesquieu se sert du masque de son héros persan pour se livrer à une réflexion sur la tolérance, à une époque où la France reste déchirée par les querelles religieuses. Comment l’écrivain joue-t-il avec la fiction persane pour conduire son lecteur à remettre en cause la politique royale ?

 Voltaire  VOLTAIRE, Micromégas, 1752

C’est lors de son exil chez Mme. du Chêtelet, entre 1738 et 1739, que Voltaire (1694-1778) rédige Micromégas, conte philosophique qu’il ne prend guère au sérieux, ne le jugeant pas digne d’être publié. Il le remanie plus tard, à Berlin, pour divertir Frédéric II de Prusse par cette vision cocasse d’un géant, associé à un nain, tous deux voyageurs de l’espace, et le fait publier en 1752. Mais aujourd’hui, ce que Voltaire comparait aux « bouffonneries d’Arlequin » représente un parfait exemple du conte philosophique, permettant d’unir le divertissement et la réflexion sur l’homme et la société. Quelle image des « terriens » Voltaire met-il ici en scène ?

Portrait de Rousseau ROUSSEAU, Julie ou la Nouvelle Héloïse, I, lettre XXIII, 1761

Dès sa publication, le roman épistolaire de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) devient l’oeuvre à succès du siècle. Il retrace, par un échange de lettres entre les protagonistes, la belle et noble Julie et son précepteur Saint-Preux, l’amour impossible qui les unit. Il correspond ainsi à l’ »âme sensible » qui, peu à peu au fil du XVIII° siècle, supplante le rationalisme, annonçant la sensibilité romantique du siècle suivant. Pour éviter que sa famille ne découvre cet amour, Julie a demandé à Saint-Preux de s’éloigner, et il voyage à travers les Alpes ;  ses lettres sont alors profondément marquées par le paysage qui l’entoure. Comment Rousseau, à travers les sensations de son héros,  montre-t-il l’influence de la nature sur le « bonheur »? 

Portrait de Diderot par Van Loo, 1767 DIDEROT,Supplément au Voyage de Bougainville, chapitre II, 1772

Rédigé en 1772, un an après la Description d’un voyage autour du monde de Bougainville, navigateur français, ce conte philosophique de Denis Diderot (1713-1784) sera publié à titre posthume, en 1796. Il consiste en un dialogue, genre littéraire cher à Diderot, entre deux personnages, A et B, remettant en cause plusieurs affirmations du récit de Bougainville, notamment sur la nature morale des indigènes. Dans le chapitre II, la parole est laissée à un vieillard tahitien, qui se lance dans un violent réquisitoire contre les Européens qui ont pris possession de cette île, dénonçant leur comportement de prétendus civilisateurs et leurs abus. Parallèlement, il brosse un tableau du bonheur du peuple tahitien avant cette arrivée du colonisateur.  A travers ce personnage, quel idéal Diderot propose-t-il ?  

Portrait de Choderlos de Laclos  LACLOS,Les Liaisons dangereuses, lettre CV, 1782

Faut-il voir un lien entre la profession de Choderlos de Laclos (1741-1813), capitaine d’artillerie, auteur de traités de stratégie militaire, et son roman épistolaire, Les Liaisons dangereuses, paru en 1782, véritable apologie du libertinage, dont le contenu pourrait être résumé par la phrase de son héros, le vicomte de Valmont :  »conquérir est notre destin » ? Aucun scrupule ne doit entraver l’entreprise de séduction qu’avec l’aide de la marquise de Merteuil il met en oeuvre, d’où la lettre de celle-ci à la jeune Cécile de Volanges, pour la rassurer sur sa « faute ». Le plaisir sans frein peut-il mener au bonheur ?


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