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Les personnages dans « le Chevalier des Touches »

LE HÉROS

LES FAITS HISTORIQUES

                Le héros éponyme appartient à l’histoire de la chouannerie. Fils d’un chef d’escadre qui s’était couvert de gloire lors de la guerre d’indépendance de l’Amérique contre les Anglais, Jacques Destouches, né à Granville en 1780, marche tout jeune sur les traces de son père, mais au service de la contre-révolution                

À la mort de son père, en mars 1798, il sert de courrier aux princes émigrés, faisant d’incessants passages entre Granville et Jersey. C’est cette activité que Barbey d’Aurevilly met en scène dans son roman. Trahi par un marin – et non par le meunier du « moulin bleu » évoqué dans le chapitre VIII – il est arrêté dans la nuit du 3 au 4 juillet 1798. Condamné à mort, il est délivré par ses compagnons le 9 février 1799, mais ne retourne à Jersey pour reprendre son rôle de courrier qu’après être resté caché en France plusieurs mois               

Quand les premiers signes de son dérangement mental se manifestent, il sème le trouble parmi les royalistes émigrés. En 1808, pour se débarrasser de lui, le gouvernement britannique l’envoie au Canada, mais, sur le bateau, sa folie s’aggrave. On le ramène en Angleterre où il sera interné jusqu’en 1823. Jugé guéri, il revient en France, mais une rechute conduit à son internement à Caën en 1826, à l’asile du Bon Sauveur où il meurt en 1858. 

=== Il y a donc loin entre les faits historiques, suivis de cette triste fin, et le héros que Barbey d’Aurevilly dépeint dans son roman.

LE PORTRAIT FAIT PAR LE ROMANCIER

        L’écrivain, dans un souci de vérité historique, cherche à connaître avec précision le véritable Destouches, et les faits accomplis, comme en témoignent ses questions à son ami Trébutien dans une lettre de 1852 : « Sachez-moi ce qu’était ce Destouches – je n’ai encore que des choses vagues, – d’où était-il et qu’était-il?… sa naissance, sa famille, son âge quand la Révolution éclata. Était-il blond ou brun, grand ou petit, fort ou faible? Quand il eut été enlevé, que devint-il? Où alla-t-il? Je crois avoir entendu dire qu’on le porta à la côte et qu’on l’embarqua.[...] Revint-il? Est-il mort fou de l’ingratitude des Bourbons, en 1815? Je l’ai ouï dire, mais le vérifier. »         

Ce même souci de vérité le pousse d’ailleurs à rencontrer lui-même le personnage, visite du 4 octobre 1856 dont un memorandum rend compte. Il nous présente alors un homme bien différent de celui que le roman nous fera découvrir. D’abord physiquement, son « nez en bec d’oiseau de proie » s’accorde mal aux aspects féminins du héros mis en relief dans l’œuvre. De plus, si, prisonnier de sa folie, il donne encore une impression de force, celle d’un « homme d’action, tout muscle, nerfs et volonté » (p. 28), dès la phrase suivante Barbey d’Aurevilly amoindrit sa valeur de combattant : « Il devait faire de l’héroïsme de troisième main, – ne pas commander, – porter une correspondance à travers tout et s’en tirer, – mais ce ne pouvait être un chef. – Il ne l’a pas été non plus. »         Ce constat conduit donc à une double question

  • pourquoi cet écart délibéré entre la vérité historique, connue de l’auteur, et la représentation romanesque du héros?

  • pourquoi avoir choisi un épisode secondaire des combats de la chouannerie, et un personnage de « troisième main », lui aussi secondaire?

 un chef chouan                          combat.bmp                          portrait de chouan

 1. Un personnage androgyne

                Le titre du chapitre II, « Hélène et Pâris« , rapproche le héros de l’épopée grecque, mais curieusement, en l’associant à une figure féminine, celle d’Hélène, épouse du roi Ménélas et cause, selon la mythologie, de la guerre de Troie.      

Ce choix est, bien évidemment, dû à son « enlèvement » – qui était d’ailleurs le titre initial prévu par Barbey d’Aurevilly pour son roman – , mais aussi à son apparence physique, « une beauté presque féminine, avec son teint blanc et ses beaux cheveux annelés, qui semblaient poudrés, tant ils étaient blonds!  » (p. 76) D’ailleurs, comme Hélène, offerte en prix à Pâris par la déesse Aphrodite comme la plus belle femme de Grèce, on « l’aurai[...]t volontiers nommé la belle des belles « . Mais de cette grâce fragile, Barbey d’Aurevilly tire un effet de contraste avec sa force physique : « sous cette peau fine « , le chevalier a « des muscles comme des cordes à puits  » (p. 76).     

        Pour renforcer le portrait de son héros, l’écrivain rapporte plusieurs anecdotes, qui, toutes, font ressortir son aspect androgyne : 

  • Lors d’une dispute avec quatre paysans, il « tordit les pieds de chêne dans ses charmantes mains, comme si ç’avaient été des roseaux! «  

  • De même, « pris brutalement à la cravate par un brigadier de gendarmerie, taillé en Hercule », il avait pu « saisir le pouce de cet homme , entre ses petites dents, ses deux jolis rangs de perles ! [et] le couper net d’un seul coup  » (p. 76).

  • Ou encore, évoquant les combats,  » il déployait tout à coup, à travers ses formes sveltes et élégantes, la force terrassante d’un taureau !  » (p. 80) Même son surnom, « la Guêpe« , témoigne de cette ambiguïté, puisqu’il le doit à la fois à « cette taille fine et cambrée, comme celle d’une femme en corset «   et à sa valeur de combattant :  « la guêpe s’envolait toujours  » (p. 80).

2. Un « cœur de chêne »         

Notons immédiatement le choix de l’écrivain de scinder en deux le patronyme de son héros, qui devient « Des Touches », terme réservé à l’escrime, art dans lequel le personnage excelle. Son caractère, en effet, n’a rien de la douceur ni de la délicatesse prêtées traditionnellement aux femmes, au contraire, il emprunte à « la guêpe » son agressivité : « la guêpe qui tirait son dard et qui veut du sang!  » (p. 159) Ainsi, si le roman fait d’abord apparaître son courage, sa force d’âme exceptionnelle, son « cœur de chêne « , très rapidement ces qualités s’inversent en une forme de cruauté gratuite, comme si le héros était « ivre du sang qu’[il] avait versé  » (p. 80). Sa « vaillance  » se trouve alors qualifiée d’ »acharnée et féroce « . 

        Certes la formule qui le désigne comme un « terrible coupeur de pouce » peut sembler bien dérisoire. Mais la vengeance exercée contre le meunier n’a, elle, plus rien de dérisoire, et le contraste de son androgynie l’amplifie encore : « Sa figure de femme [...] respirait, soufflait, aspirait avec une telle férocité la vengeance qu’elle était cent fois plus terrible que si elle avait été de la plus crâne virilité  » (p. 159) Les métaphores se modifient alors, et le chevalier devient « lion « , « panthère « , et oiseau de proie quand il s’empare du meunier qu’il étouffe « dans ses serres « . Il se hausse ainsi à la hauteur des héros épiques de l’Antiquité, animé comme eux d’une haine « implacable  » qui lui donne cette force surhumaine d’arrêter l’aile du moulin bleu, à la hauteur même de la terrible déesse « Némésis  » (p. 159), chargée de venger les crimes. 

3. Un héros symbolique

Une ultime question reste posée : pourquoi Barbey d’Aurevilly a-t-il réalisé cette amplification romanesque? Pourquoi avoir métamorphosé ce jeune homme fragile, personnage annexe de la chouannerie, simple passeur de courrier, en un bouillant Achille? 

                Pour répondre, il faut revenir à ce que fut la chouannerie, à ses plus illustres combats lors de la guerre de Vendée et à ce qui en subsistait en 1798 : les valeurs de la Révolution étaient alors triomphantes face au monde ancien de la monarchie absolue. Les derniers chouans n’avaient donc plus guère d’illusions sur l’issue de leur combat, comme le montre la réaction de La Varesnerie : « [il] eut probablement la prévision de quelque chose d’épouvantable qui devait amener d’abominables représailles et noircir un peu davantage la noire réputation des Chouans, qui l’était bien assez comme cela.  » Ils le poursuivaient cependant, pour l’honneur dirait-on, même si, à aucun moment, Barbey ne mentionne une telle explication. 

                Cependant, pour son héros, il s’agit de toute autre chose, et l’écrivain souligne sa différence : « Il était chouan, mais il ne semblait pas de la même nature que les autres chouans. [...] Peut-être chouannait-il pour chouanner, lui, et était-ce tout?  » Le chevalier, en fait, annonce déjà les élans du romantisme naissant, à la fois plein de flamme et, d’une certaine façon, désespéré : il « caressait le danger comme une femme caresse sa chimère, ce rude joueur qui jouait son va-tout à chaque partie [...].  » Sans doute cherche-t-il, dans ce « duel  » à rendre sa vie plus intense, une excitation qui lui donnerait un sens? Ne joue-t-il pas un jeu, mais un jeu dans lequel la victoire justifierait l’existence même? Une phrase du roman peut, en effet, revêtir un double sens : « La martingale qu’il jouait devait nécessairement avoir un terme, et le danger qu’il courait [...], il devait y succomber à la fin. » (p. 93) Dans le récit de Barbe de Percy, la phrase annonce l’arrestation, « sa prise ou sa mort « . Mais, rapportée à l’ensemble du roman, elle pourrait annoncer l’ultime défaite de Des Touches, la folie qui le coupera de lui-même, « l’abstraction de sa démence « . 

     Derrière l’ultime vision du fou, « revenant » au début du roman, et dans son asile à la fin, Barbey d’Aurevilly nous rappelle ses propres conceptions, son dandysme, mode de vie dont le signe essentiel, bien au-delà de l’aspect vestimentaire, était un mépris général pour les valeurs généralement admises dans la société. Nous pouvons même être choqué par le cynisme avec lequel il présente sa visite au chevalier : « L’état dans lequel je trouverais cet homme héroïque, mort tout entier et pourrissant dans le plus affreux des sépulcres: une maison de fous! était une raison de plus de m’en donner le spectacle. C’est si bon de tremper son cœur dans le mépris des choses humaines, et entre toutes, de la gloire  qui gasconne avec ceux qui se fient à elle et qui croient qu’elle ne peut tromper!  » La gloire « gasconne », c’est-à-dire, ment avec splendeur… , de même que plus rien, en ce temps où vit l’écrivain, ne mérite qu’on y attache du prix ! 

=== Tout le roman prend ainsi son sens. À quoi bon, nous suggère Barbey d’Aurevilly, croire en quelque chose puisque, irrémédiablement, toute beauté se dégrade, toute foi s’évanouit au contact de la réalité médiocre, toute jeunesse se fane pour n’être plus qu’un lointain souvenir, tel celui des fleurs rouges contemplées par le chevalier, telles les évocations de ces vieillards dans ce vieux salon hors du temps !

LES PERSONNAGES SECONDAIRES               

À la fin de son roman, l’écrivain qualifie lui-même le récit entendu dans son enfance d’ »histoire faite, comme un thyrse, de deux récits entrelacés, l’un si fier, l’autre si triste!  » (p. 177). 

Il désigne ainsi « l’enlèvement » de Des Touches – titre initialement prévu pour son roman (cf. lettre à Trébutien du 20 mars 1852) – , avec sa dimension épique, et l’intrigue amoureuse entre Aimée de Spens et Monsieur Jacques, teintée d’un romantisme tragique. 

Nous rencontrerons donc deux catégories de personnages secondaires

- D’une part il y a ceux qui ont directement participé à l’action militaire, les « Douze » qui, comme les apôtres, étaient en fait treize puisque, comme Matthias avait remplacé Judas, Barbe de Percy remplaça, lors de la seconde expédition, Vinel-Royal-Aunis. 

- D’autre part, il y a le couple formé par Aimée et Monsieur Jacques, dont l’intrigue se teinte du mystère de la « rougeur  » de cette jeune femme, inexplicable, à chaque fois qu’elle rencontre Des Touches ou entend son nom. 

 Ajoutons à ces personnages secondaires les figurants, dont la présence est étroitement liée aux événements ponctuels : la Hucson, geôlière féroce de la prison d’Avranches, le geôlier de celle de Coutances, Couyart, l’horloger timide mais fidèle qui scia les fers de Des Touches, le meunier du Moulin bleu, le traître cruellement châtié… Chacun d’eux a droit à un bref, mais saisissant portrait qui souligne un trait dominant, physique et psychologique. 

Mais ces personnages ne valent que dans la mesure où ils mettent en valeur l’héroïsme des chouans, mélange de force et de ruse, lié à la terreur qu’ils inspirent à la population.      

l'appel au combat                             une noble héroïne                             l'amour courtois

LES COMBATTANTS

 1. Les femmes 

Le récit, narré par une femme, accorde une large place aux femmes, compagnes de combat, « dames » de ces chevaliers comme au moyen-âge. Certes ces « châtelaines  » réfugiées, telles les deux demoiselles de Touffedelys, conservent « toute la romanesque ferveur  » de la jeunesse : « nous avons tant brodé de mouchoirs avec nos cheveux pour ces messieurs [...] qui les emportaient comme des talismans, dans leurs expéditions  » (p. 81).                

Cependant les circonstances difficiles de la Révolution les ont rendues bien différentes de leurs mères. Les « fusils  » ont remplacé les « fuseaux « , comme le dit la narratrice : « La vie du temps, les transes, le danger pour tout ce qu’elles aimaient avaient étendu une frémissante couche de bronze autour de leurs cœurs…  » (p. 78). Leurs occupations sont donc étroitement liées aux combats, « faire de la charpie  » pour panser les blessés, voire « fondre des balles  » pour Barbe de Percy, car « la guerre, le danger avaient emporté toutes les affectations et les petites mines  » (p. 87), et toutes sont devenues des « chirurgiennes  » expertes auxquelles Barbe sert de « Major « . 

=== Il y a donc loin des nobles dames des « temps paisibles  » où « l’on ourlait des serviettes ouvrées « , « assises comme des princesses de contes de fées  » (p. 73), à ces femmes courageuses dont les mains « se noircirent à faire des cartouches » pour participer, à leur façon, aux combats des hommes.

2. Les « Douze » 

         À la façon de l’épopée antique, qui chantait les exploits des héros en les magnifiant, Barbey d’Aurevilly prend soin de citer, dans le récit de Barbe, les noms de ces douze braves, comparés aux « grains d’un chapelet d’honneur « , référence, cette fois, au monde chrétien. Mais ces personnages comptent moins par leur personnalité propre que par les vertus qu’ils incarnent, bravoure, force, ruse… Ainsi, de même qu’Homère qualifie ses guerriers d’une épithète qui les caractérise, le « rusé Ulysse « , le « bouillant Ajax « , l’écrivain attribue à chacun d’eux un trait distinctif en en brossant un rapide portrait : 

  • Juste le Breton possède « des bras d’Hercule  » (p. 94) et a pour surnom « le Téméraire« , ne croyant qu’en la force pure. 
  • Au contraire Monsieur Jacques possède la ruse et « la souplesse du chat sauvage  » (p. 119), et joue le rôle du stratège grâce à son « génie d[e] général « . 
  • Vinel-Royal-Aunis, quant à lui, avec son surnom « Doute-de-rien« , rappelle les mousquetaires peints par Dumas, « beau garçon bien découplé « , « gaillard toujours prêt à tout  » (p. 112) et, surtout, beau parleur à la « langue infatigable  » (p. 114), 
  • Cantilly, « très fort au pistolet  » (p. 145), illustre la jeunesse et sa dextérité. 

Parmi ces Douze, il convient de ranger Barbe de Percy, femme exceptionnelle qualifiée d’ »Amazone de la Chouannerie  » (p. 55). Elle ressemble plus, d’ailleurs, à un homme qu’à une femme par son déguisement (« caleçons de velours rayé « , « grosses bottes de gendarme « , p. 54), et participe activement à cette guerre, comme courrier, mais aussi lors des combats : « elle avait, disait-on, fait le coup de feu du buisson avec une intrépidité qui eût été l’honneur d’un homme  » (p. 55). C’est avec une évidente fierté qu’elle utilise le pronom « nous  » pour narrer la seconde expédition en vue de délivrer Des Touches! Elle ne redevient femme que pour l’implorer de mettre fin au supplice du meunier. A l’image des romans courtois de l’époque médiévale, l’histoire d’amour s’entrelace aux faits d’armes des preux chevaliers. On y reconnaît trois de ses caractéristiques : 

  • la chasteté sort triomphale, même si elle s’est trouvée un instant mise en doute ; 
  • l’héroïsme de la princesse surpasse encore celui du chevalier ; 
  • le mysticisme imprègne le récit en le chargeant d’une tonalité tragique. 

LES AMANTS        

 1. Aimée de Spens                  

Le chapitre III lui est consacré, mais, en raison de sa surdité, elle disparaît ensuite du cercle des destinataires. Mais absente, elle reste présente dans le roman dont l’histoire de « sa rougeur » constitue le fil conducteur. Elle est aussi la seule qui, par la passion dont elle est « hantée« , a réussi à échapper au temps, comme en témoignent ses surnoms : « la Vierge-Veuve » ou « la jeune vieille ».                

L’apostrophe de Barbe, « Ma-Délicate-et-Blonde », tel un surnom de la chevalerie, la rattache d’emblée au roman de Tristan et Iseut. Telle cette noble princesse, elle apparaît fragile, presque évanescente, enfermée dans un silence constant : un « mystère » l’environne… Elle est d’ailleurs exclue de tous les faits guerriers, se bornant à tresser un bracelet de ses cheveux pour celui qu’elle aime, à le soigner ou à attendre son retour du haut de la tourelle du château…                

Pourtant, elle reste le centre de tout : orpheline, elle a autant de mères que de femmes au château, c’est à elle qu’est réservée la passion, et elle donne à l’oeuvre sa tonalité, « un poème de mélancolie ». Elle joue enfin le rôle de la suzeraine, le soir de son mariage mystique avec M. Jacques, alors entourée de ses chevaliers qui croisent devant elle leurs épées.

2. M.Jacques        

                Un même « mystère » plane sur son « fiancé », qui, lui aussi, s’inscrit dans le roman courtois, avec son surnom « le beau Tristan », surgi de la mer avec Des Touches comme ce héros médiéval. Mais son portrait met en évidence une forme de contradiction, qui lui donne sa dimension tragique

  • « Beau ténébreux », il est l’objet de tous les regards féminins, et sa valeur guerrière est indéniable ; 

  • Mais l’amour que lui voue Aimée paraît condamné par les attitudes mêmes qu’il adopte : il s’y prête tout en s’y dérobant. Est-il chevalier de l’Ordre de Malte, comme en court le bruit (p. 89)? 

=== Cet amour est donc par avance placé sous le signe de la fatalité. De plus, même s’il est placé dans l’atmosphère propre aux romans courtois

  • lors des scènes qui les réunissent au bord d’une fontaine (p. 103), 

  • lors du mariage, en présence des autres combattants qui le sacralisent par leurs épées croisées, dans une ambiance qui rappelle la féodalité, 

cet amour ne recevra pas le dénouement promis aux héros qui ont mérité, par les épreuves accomplies, la main de la princesse. 

=== Ultime dégradation du roman courtois, c’est lui qui sera vêtu, dans sa tombe, de la robe de mariée portée par Aimée, homme ainsi à jamais métamorphosé en femme, et ainsi sacralisé (pp. 173-174) dans une éternelle chasteté.


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